Carrière et Entreprise

En 1970, le magazine ELLE tenait les premiers « Etats généraux de la femme ». En 2010, ELLE réédite l’expérience et fait la tournée des régions françaises pour examiner la condition des femmes d’aujourd’hui au travers de leurs témoignages.

Un sondage Elle-Ifop avait été réalisé au préalable pour mieux appréhender les difficultés des femmes de nos jours. Pour 88% des femmes interrogées, il était très difficile de « concilier vie professionnelle et vie personnelle ».

Les principales difficultés que rencontrent ces femmes pour arriver à concilier leur vie professionnelle et enfants sont :

- Les difficultés d’organisation liées à la garde des enfants

- Le manque de compréhension des chefs d’entreprise à l’égard des femmes qui ont des enfants

- L’absence de partage réel des tâches dans le couple ect…

Et les solutions énoncées sont de :

- Faciliter l’aménagement des horaires de travail

- Développer le télétravail ou l’entrepreneuriat à domicile

- Sensibiliser les hommes au partage des tâches ect…

Pour plus d’infos, cliquez sur le lien du  sondage Elle Ifop

Un livre blanc a été réalisé à la suite de cette enquête, enrichi des propositions de chercheuses et de femmes cadres d’entreprise. Il s’adresse aux pouvoirs publics et aux entreprises.

Nous trouvions intéressant de publier sur le blog des Fées les propositions concernant la gestion de sa carrière et de ses enfants:

Le partage social convenu entre la vie publique, acquise aux hommes, et la vie privée, dévolue aux femmes, entraîne depuis deux siècles des inégalités criantes, notamment en termes de carrière et de répartition des tâches familiales ; la situation devient encore plus complexe avec la présence d’enfants dans le foyer. Des mesures sont indispensables pour favoriser la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale.

1. Pour le développement des modes de garde des jeunes enfants
En Suède, depuis 1995, les communes ont l’obligation de proposer aux enfants de 1 à 6 ans une place en crèche ou en garderie. L’offre de modes de garde diversifiés et adaptés aux choix des familles, de préférence publics et collectifs, permettent de ne pas pénaliser les femmes sur le marché du travail ; ilspermettent en outre de lutter contre les inégalités sociales.
Nous demandons :
- que 500 000 places en crèches collectives publiques supplémentaires soient créées à l’horizon 2017 ;
- que toutes les entreprises publiques et privées qui ne le font pas déjà consacrent 0,5% de leur masse salariale à l’aide à la parentalité : directement (crèche d’entreprise, chèque emploi-service pour garde d’enfant à domicile, aide à la garde d’enfant d’urgence pour enfants malades, prise en charge de la garde des enfants le mercredi et pendant les vacances scolaires…) ou indirectement (financement transféré à la commune) ;
- que les horaires d’ouverture de certaines crèches soient étendus, jusqu’à 7 jours sur 7 et 24h sur 24.

2. Pour un congé parental vraiment rémunéré et partagé entre les parents
La Suède a également instauré un congé parental avec une allocation d’un montant élevé proportionnel au salaire (et non bas et forfaitaire comme en France). Sur ce modèle, nous proposons d’instituer un congé parental rémunéré à 80% du salaire antérieur brut. Si un seul parent a recours à ce congé, il est limité à six mois. Pour favoriser l’implication des pères dans les premiers mois de la vie des enfants, il est porté à un an s’il est pris par la mère et le père alternativement. Dans ce cas, un des deux parents devra prendre au moins 20% de ce congé.
Alternativement, et selon le même schéma, nous proposons d’ouvrir aux parents la possibilité de se mettre à temps partiel (mi-temps au minimum) en étant rémunérés à 100% durant la première année de l’enfant.

3. Pour une égalité de rémunération effective entre les femmes et les hommes
Depuis 2006, l’inégalité salariale entre les sexes est un délit et pourtant les inégalités subsistent. Nous demandons que les entreprises et les administrations publient chaque année dans leur rapport annuel la comparaison du salaire médian des femmes avec le salaire médian des hommes fonction par fonction. Lorsque des écarts subsistent, l’institution devra élaborer un plan d’action pour apprécier les origines de ces différences et prendre des mesures correctrices adaptées, car ces mesures existent souvent mais ne sont pas appliquées.
Un indice standardisé des inégalités salariales entre les femmes et les hommes permettrait d’assurer des comparaisons inter-entreprises et de mettre en avant les bonnes (et les mauvaises) pratiques.

4. Pour une organisation individualisée du temps de travail privilégiant la productivité sur la présence effective
Nous proposons d’interdire les réunions débutant avant 9h et après 17h au sein des administrations, grandes entreprises, universités, laboratoires etc…
Nous préconisons également l’extension du recours au télétravail choisi sous réserve d’un encadrement strict par le droit du travail.

5. Pour ne pas pénaliser les femmes dans leur carrière en raison de leur maternité
Les salaires des femmes décrochent notamment lors des congés de maternité. Pour enrayer ce décrochage, nous demandons une évaluation systématique de leurs objectifs professionnels et de leurs salaires en comité de rémunération avant et après leur départ en congé maternité.
Nous demandons aussi que l’âge des hauts potentiels au sein de l’entreprise soit repoussé de 35 à 40 ans pour tenir compte du temps consacré aux grossesses.

6. Pour la déprécarisation du temps partiel subi
Plus de 30% des femmes travaillent à temps partiel, qu’elles l’aient choisi (pour celles qui réduisent leur temps de travail, par exemple le mercredi) ou « subi » (1 million de femmes). Pour déprécariser le temps partiel des femmes, nous demandons à ce qu’un cadre législatif impose une majoration du taux horaire salarial quand les horaires sont imprévisibles et morcelés. L’objectif est de dissuader les employeurs d’avoir recours à ce type de contrats et d’assurer en outre aux salarié-e-s concerné-e-s des revenus plus décents. Comme le préconise le rapport Grésy*, nous pensons aussi que les salarié-e-s qui travaillent à temps partiel et les familles monoparentales puissent bénéficier d’heures supplémentaires majorées (nombre d’heures allant jusqu’à 50% de la durée de leur contrat de travail, et non 33% comme prévu aujourd’hui par le code du travail).
* Rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, Établi par Brigitte GRESY, membre de l’Inspection générale des affaires sociales, juillet 2009


7. Pour développer une politique de quotas dans les comités de direction et autres lieux de prise de décision

Nous proposons un quota de 50% de femmes dans les conseils d’administration (à la place des 40% préconisés par la proposition de loi). Mais une telle mesure est symbolique et ne concernera qu’un tout petit nombre de femmes. C’est pourquoi nous proposons l’instauration d’un quota de 50%, à atteindre progressivement, pour les comités de direction des entreprises et autres lieux de décision, afin de permettre la généralisation de la promotion des femmes à des postes de responsabilités.

8. Pour un leadership au féminin
Sur les 30 000 cadres dirigeants des 5000 plus grandes sociétés du pays, on ne compte que 11% de femmes alors même que les femmes constituent 41% de la population des cadres. Pour accéder à des postes de responsabilités, les femmes souffrent aujourd’hui de l’absence ou la faiblesse des réseaux professionnels qui interviennent dans la cooptation à des postes des responsabilités et la difficulté – liée à l’éducation des filles – à afficher leur ambition et à se projeter dans des positions de pouvoir. Pour contrecarrer ces handicaps, nous demandons que dans le cadre des services de ressources humaines, soient systématiquement mis en place des programmes d’accompagnement personnalisés pour les femmes. Ces programmes sont nécessaires à la prise de confiance en soi, à l’établissement d’un jugement approprié sur ses capacités personnelles, à la démystification des efforts à fournir ou des qualités pré-requises. Nous demandons également la féminisation des titres et des fonctions dans les textes écrits.

9. Pour l’élaboration d’une « charte des bonnes pratiques » à signer par les entreprises
Cette charte regrouperait, entre autres, des engagements sur les points 1 à 8, qui peuvent tous être mis en œuvre par les entreprises sans attendre une loi. Le suivi de cette charte serait réalisé par les agences de notation, au titre de la responsabilité sociale des entreprises. A terme, la loi pourrait moduler le montant de l’impôt sur les sociétés en fonction de leur notation sociale.

10. Pour une aide au développement du microcrédit
Nous proposons de lever les contraintes réglementaires qui bloquent de manière excessive l’exercice de petites activités économiques par les publics les plus éloignés de l’emploi et qui empêchent la création de dizaines de milliers d’emplois.

11. Pour l’instauration de la déclaration fiscale séparée pour chacun des membres du couple
La déclaration par foyer fiscal favorise le modèle « homme au travail – femme au foyer » et surtaxe le second revenu du couple. La France est une exception. Nous demandons, comme dans tous les pays d’Europe, des déclarations fiscales séparées pour les couples, mariés ou pacsés, afin que les revenus des épouses actives ne soient plus comptabilisés comme complément des revenus du mari.

12. Pour une allocation familiale dès le 1er enfant
L’arrivée du 1er enfant est celle qui engendre le surcoût le plus important pour une famille. Nous demandons que la France s’aligne avec la législation en vigueur dans la plupart des pays de l’Union européenne, qui offre cette allocation dès le premier enfant, sous conditions de ressources.

Le Club Crèches et Entreprises, lancé la semaine dernière par le ministre du Travail et la secrétaire d’Etat chargée de la Famille a d’emblée posé ses objectifs : la création, d’ici à 2012, de 10 000 places supplémentaires en crèches d’entreprises pour les parents actifs. Pour y parvenir, les 60 sociétés signataires de la charte de l’Observatoire de la parentalité en entreprise devront parrainer cette année une ou plusieurs nouvelles sociétés qui n’auraient pas encore créé ou financé des places en crèches pour leurs salariés.
Avec un taux de natalité frôlant les deux enfants par femme en France et un taux d’activité de ces dernières atteignant les 83 %, le ministre du Travail a affirmé considérer la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle comme un enjeu majeur de sa politique.

Concilier carrière et famille reste encore très difficile en France. Selon l’Observatoire de la parentalité en entreprise (OPE), 72% des parents actifs se disent  tiraillés entre leur vie personnelle et vie professionnelle. Pour la Cnaf (Caisse nationale d’allocations familiales), les entreprises ne prendraient pas leur rôle au sérieux. Chiffres à l’appui, seules 153 firmes ont signés la Charte de la parentalité, offrant aux mères et pères salariés une aide financière, un aménagement du temps du travail ou encore un service de crèche d’entreprise. Aujourd’hui l’OPE pointe du doigt la politique française qui persiste à associer performance et temps de présence au travail.

4 mois de congé parental

mars 11, 2010 | Posted by isabelle in Carrière et entreprise | No Comments »

 A l’occasion de la journée internationale de la femme, le Conseil de l’Union européenne leur a réservé un beau cadeau. Tous les futurs parents salariés pourront désormais bénéficier d’un congé parental d’au moins 4 mois. Actuellement, la durée minimale étant fixée à trois mois. Et ce n’est pas tout ! CDD, CDI, ou intérim, tous les contrats sont concernés par cette mesure.

En pratique, Maman et Papa seront autorisés à s’arrêter pendant 16 semaines pour s’occuper de Pitchoun. Autre possibilité offerte aux heureux bénéficiaires : le transfert de congé parental. Chaque parent aura le choix d’offrir à son conjoint trois mois sur quatre, pour que ce dernier puisse profiter d’une « pause bébé » plus longue.

Les Etats membres disposent d’un délai de deux ans pour transposer cette directive dans leur droit interne.

Cette semaine, les eurodéputés devraient également se prononcer sur l’allongement du congé maternité à 20 semaines.

En 2009, la Halde, haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, a reçu 250 réclamations de femmes enceintes pour des discriminations au travail pendant leur grossesse. Pour y remédier, la Halde publie un mini-guide dans lequel les futurs mamans trouveront des conseils pour annoncer leur grossesse à leur employeur et les droits dont elles disposent, notamment concernant le congé maternité. Cette brochure est disponible dans les CAFs, les plannings familiaux, dans les maternités ou téléchargeable sur le site Internet de la halde: http://www.halde.fr/IMG/pdf/Depliant_grossesse.pdf

Voici une initiative innovante que nous tenons à saluer:

Le groupe de chimie Rhodia a signé un accord permettant aux grands-parents de consacrer du temps à leurs petits-enfants: tout salarié de plus de 50 ans peut diminuer jusqu’à 20% son temps de travail. En échange, il doit prolonger son activité, au-delà de l’âge de la retraite, d’une durée équivalente au temps libre dégagé. On dit Bravo!

Les entreprises ont tout intérêt à employer des femmes! C’est ce qu’a démontré une étude réalisée auprès de 42 grandes entreprises*. Celles qui emploient plus de 35% de femmes, et celles dont au moins 35% du personnel d’encadrement est féminin:

  • ont un chiffre d’affaires supérieur de 28,5% à celui des autres entreprises;
  • sont plus rentables de 116,1%;
  • ont une productivité supérieure de 48,6%;
  • créent 72,9% d’emplois en plus.

Cependant, les cours de la Bourse de ces entreprises progressent moins vite que les autres…

*Etude réalisée entre 2002 et 2006 par Michel Ferrary, professeur à l’Ecole supérieure de commerce de Nice-Sophia-Antipolis